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19.6.11

Le Trompe-l'œil [Notes de lecture]

Source: L'Art du Trompe-l'œil, Omar Calabrese, Citadelles & Mazenod 2010


  • Le Trompe-l'œil est l'unique genre pictural dont le nom fait référence à la relation au spectateur (et pas comme habituellement au contenu de l'œuvre ou à sa technique). La relation avec les yeux du "regardeur" est déterminante.
  • Se pose le problème du rôle de l'artiste :
La simulation de la réalité (que le but recherché soit une vraie crédibilité ou juste la fascination du spectateur) implique une disparition quasi-totale de l'auteur... Qui ne peut laisser voir ni l'effet de sa main, ni celui de son pinceau, ni apposer sa signature – sauf si elle est inséré dans l'espace tridimensionnel et participe à l'illusion (cartellino*).


  • D'où ce paradoxe :
Si le trompe-l'œil "appelle le spectateur", par son point de vue rapproché et l'envahissement de l'espace de perception, il abolit également la subjectivité, pour sembler une vision objective du monde.
Cette illusion de l'objectivité repousse l'artiste vers un statut d'artisan, puisque le critère principal de jugement devient l'habileté manuelle de l'artiste, au détriment de son expression personnelle ou de sa créativité.



Un exemple de cartellino*. Giovanni Bellini, La Vierge à l'Enfant (détail), vers 1480.
Londres, National Gallery.


*Cartellino : feuille de papier, tablette ou cartouche de marbre figuré en trompe-l'œil dans un tableau et sur lequel est inscrite la signature du peintre et parfois la date de l'œuvre. 
[Source: Larousse.fr]


Giovanni Bellini, le Doge Loredan, 1501. Londres, National Gallery.

On peut parler au sujet du trompe-l'œil d'une quadruple spatialité:
  • 1° surface bidimensionnelle (support)
  • 2° profondeur de champ (perspective)
  • 3° extension de l'espace du tableau vers le spectateur
  • 4° épaisseur produite par la peinture (feuil)


Jean-Marie Faverjon, Autoportrait en trompe-l'œil, 1868. Paris, musée d'Orsay.

Le trompe-l'œil classique joue avec ces différents espaces :
  • Rebord, niche, seuil incluent le spectateur dans la représentation (esp. 3);
  • Mouche peinte (musca depicta) et cartouche ou étiquette (cartellino) déjouent les règles de la surface bidimensionnelle (esp.1);
  • Cadre peint incorporé dans l'image annule presque l'épaisseur (esp. 4);
  • La vision souvent plane et rapprochée tend à abolir la ligne d'horizon et à annuler la profondeur de la perspective (esp. 2).


Ecole Souabe, Portrait d'une femme de la famille Hofer (détail), 1470.
Londres, National Gallery.



13.3.10

Il sort le 25 mars !!



Et voilà sa couverture définitive.
J'ai hâte de le découvrir au retour de l'imprimerie!!
Je serai au Salon du Livre de Paris le dimanche 28 mars après-midi pour une séance de dédicace.




26.1.10

Van der Kelen : enfin le livre !




Les mois passés à l'institut Van der Kelen-Logelain restent pour moi une aventure unique, et c'est encore avec émotion que, dès que j'en ai l'occasion, je pousse la porte de la belle maison de la rue du Métal à Bruxelles pour aller saluer Denise Van der Kelen et m'emplir les poumons de l'odeur caractéristique de thérébentine et d'huile de lin qui imprègne les lieux.



J'ai aussi un grand plaisir à penser que j'ai posé mes pas dans ceux des générations d'apprentis peintre en décors qui se sont succédés sous cette fameuse verrière...




C'est dire si j'attendais avec impatience la publication de l'ouvrage consacré à l'école aux éditions Vial, publication annoncée depuis maintenant un bon moment.
Le livre est sorti à la fin de l'année 2009, et j'en ai enfin un exemplaire entre les mains depuis quelques jours.



Comme tous les ouvrages de Vial, c'est un très bel objet : grand format et beau papier glacé. Les textes sont très intéressants, avec notamment une contribution de Sylvie Van der Kelen. Dans la partie consacrée à l'histoire de l'Institut, on trouve d'amusants documents anciens montrant l'atelier et les élèves, et pour l'école aujourd'hui c'est avec plaisir que j'ai retrouvé les beaux dessins de Thierry Bosquet, dont j'avais particulièrement apprécié l'enseignement. 
Le corps de l'ouvrage recense les techniques d'imitation qui ont fait la renommée de l'établissement, avec des explications techniques assorties de reproduction des panneaux peints, mais aussi des commentaires de spécialistes et des photos des modèles naturels, que ce soit pour le bois ou le marbre. 
Bref, un beau livre qui va sans doute devenir une référence en la matière...




Months I spent at the Institute Van der Kelen-Logelain remain for me a unique adventure. It is always with emotion that I push the door of the beautiful house of the Rue du Metal in Brussels, to greet Denise Van der Kelen and fill my lungs with the characteristic odor of turpentine and linseed oil which impregnates the Atelier.
I also have a great pleasure to think that I follow generations of apprentice painters which succeeded under the glass roof.




Thus I waited impatiently for the publication of the book dedicated to the school by editions Vial, announced for some time now. It was finally released at the end of 2009.



Like all books from Vial, it is a beautiful object: large format, heavy glossy paper. Texts are very interesting, including a contribution from Sylvie Van der Kelen. In the section "history of the Institute", there's amusing old documents showing the ancient workshop and students. It is also with pleasure that I found the nice drawings of Thierry Bosquet, whose teaching I particularly enjoyed.

The main section of the book features the techniques (marbling and graining) which made the reputation of the Institut, with technical explanations matched by reproductions of the painted panels, with expert commentary and photos of natural models, whether for wood and marble.
In short, a beautiful book that will undoubtedly become a reference in the field...





27.11.09

A lire pour le printemps... | News for Spring

   
Mon éditeur a mis en ligne la fiche du livre qui sortira au printemps 
et regroupe les recettes de peinture "homemade" : 
lait, pomme de terre, bière et autres ingrédients "bizarroïdes".


Je peux aussi vous en montrer la couverture (provisoire) et quelques pages !













My publisher put on-line the dossier about the "Homemade paints" book 
I'm writing (planned for march 2010)
In French only (for the moment...)


7.6.09

Le livre-culte d'Owen Jones | Owen Jones' cult book


Publiées pour la première fois en 1856, les 112 planches iconographiques de La Grammaire de l'Ornement sont encore de nos jours une source d'inspiration inépuisable pour tous les amoureux des arts décoratifs. Cet ouvrage figure dans ma bibliothèque depuis plusieurs années, et je m'y replonge régulièrement.

(Edition française, L'Aventurine 2001)

Son auteur, Owen Jones, architecte, décorateur et professeur, composa ces planches avec l'aide de ses élèves, avec l'ambition de "réaliser un premier travail encyclopédique, de caractère scientifique, proposant un déroulement continu d'une histoire universelle de l'ornement depuis les stades les plus primitifs de la civilisation aux plus évolués".


Au début du volume, pas moins de trente-sept "propositions" nous donnent les Principes généraux de l'arrangement des formes et des couleurs dans l'architecture et dans les arts décoratifs recommandés dans cet ouvrage. Si certaines d'entre elles peuvent paraître surannées, d'autres -notamment à propos de l'harmonie et de l'utilisation des couleurs- restent des principes de base.



Et voilà que j'ai la bonne surprise d'apprendre que le fac-similé de l'édition originale est disponible en ligne sur le site Digital Library for the Decorative Arts and Material Culture, bonne nouvelle que je ne pouvais que m'empresser de partager avec vous !



Published for the first time in 1856, 112 iconographic plates of The Grammar of Ornament are even nowadays an inexhausible source ofinsparation for all decorative arts lovers. It appears in my library for several years, and I dive back in it regularly.


Owen Jones, architect, decorator and professor, composed these plates with ambition "to realize an encyclopaedic work of scientific character, proposing a continuous progress of a world history of Ornament from the most primitive stages of civilization till the most evolved ones."


Not less than 37 "propositions" give us General principles in the arrangement of form and colour, in architecture and the decorative arts, which are advocated throughout this work. If certain of them can seem outmodede, some others -particularly about harmony and use of colours- stay basic principles.


I have the pleasant surprise to learn that a facsimile of the original edition is available online at the Digital Library for the Decorative Arts and Material Culture (Wisconsin University). Good news which I hurry to share with you! 




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